je dépose devant toi, tout ce que je suis, tous mes choix
comme un vase brisé à tes pieds, quand je n’avance pas,
quand mes yeux se voilent devant toi, je m’appuie contre le bois de ta croix

parce que tu sais, tu me connais, parce que tu vois, plus loin que moi
j’ouvre mon cœur, tu lis en moi, toutes mes peurs, toutes mes joies

alors j’entends comme un murmure, comme ta voix entre mes murs

*tout est entre mes mains, tout ce que tu es, tes chemins
donne-moi ta vie comme un parfum, quand tu n’avances pas,
quand tes yeux se voilent devant moi, viens te reposer dans mes bras

parce que je sais, je te connais, parce que je vois plus loin que toi
ouvre ton cœur, je lis en toi, toutes tes peurs, toutes tes joies*

tout est entre ses mains, tout, dans mes *deux-mains*

comme un arbre en plein hiver, qui semblait vide, qui semblait mort
sous l’écorce et sous ma terre, y avait comme un printemps qui dort

et ta vie qui coule en moi, c’est ta sève sous mon bois
quand ma feuille se déploie, c’est ton ciel que je vois

comme un arbre dans ta terre, qui boit ton eau, qui tend ses bras
laissant les froids de l’hiver, je m’ouvre au souffle de ta voix

quand fragile je m’ouvre à toi, c’est ta force que je vois
et ta vie qui coule en moi, c’est ta grâce que je reçois

ton nom de la terre, anonyme du Roi, c’est celui-là
ton nom de la chair, écrit sur la croix, c’est celui-là

tu as quitté le ciel, laissé ta maison, pour ce nom
traversé les étoiles, pour déchirer le voile de ton nom

Emmanuel, Jésus, Éternel aux pieds nus

je te donne l’argile de ma terre fragile, pour ce nom
je te donne ma cire et que ton sceau l’inspire, de ton nom

Emmanuel, Jésus, Éternel aux pieds nus

dans ton nom d’homme celui que je vois, c’est toi
de retour au royaume, à nouveau sur le trône, chez toi

ton nom de la terre, c’est celui-là, ton nom de la chair, c’est celui-là
je donne mon argile, pour ce nom-là, je te donne ma cire, pour ce nom-là...

entre la terre et le ciel, au creux de ta main dans mienne
entre ta grâce et ma foi, est blotti ce lieu-là

un lieu de paix, un lieu de toi, un jardin au coeur de soie
un refuge pour mes pas, une demeure entre tes bras

comme le parfum de ta maison, qui me signe de ton nom

quand tu souffles dans ma voix, quand je t’adore, toi mon Roi
tout mon être se soulève, vers ce lieu, comme une sève

ma demeure est sous ton aile, qui me couvre d’éternel