Samedi... Seule avec mes trois enfants et mon chien, je me dis comme ça "et si nous allions nous promener tous ensemble (ce qui signifie "chien compris", je souligne et vous allez comprendre pourquoi!!) ? Alors, je mets mon plus bel enthousiasme dans ma voix et lance à mes enfants le "et si nous allions nous promener" d'un ton, comment vous dire, qui incite fortement plus qu'il ne suggère... Déjà défilait devant mes yeux rêveurs la large plaine d'un lieu que j'aime... Je sentais les libertés, la douceur, le souffle doux qui fait chanter les longues tiges séchées quand il joue à se faufiler entre elles... J'imaginais la douceur du temps en famille, la main de mes enfants dans la mienne, le chien gambadant joyeusement la truffe au vent... Oui, bon, là c'est vrai que j'ai quand même dû balayer un souvenir de notre dernière promenade avec le même chien dans le même endroit qui s'était terminée dans son bonheur non dissimulé à se rouler dans une crotte de renard!! Je veux bien qu'un chien ne réfléchisse qu'avec son instinct, mais il y a des limites quand même! Le trajet du retour en voiture avait été...éprouvant. Plus jamais, avais-je dû dire, plus jamais je n'emmènerai ce chien là-bas!

Voilà. Après une fouille énergique et pleine de bonne volonté, c'est le moment de me rendre à l'évidence... J'ai pourtant tout bien recueilli avec soin sans discrimination, je le jure. Je n'ai pas joué à celle qui fait tomber son mouchoir dans le sillon de son passage, ou qui aurait eu l'idée saugrenue de fabriquer une babibouchette en remontant de la buanderie! Je crois qu'il est temps d'appeler la presse, de lancer un avis de recherche, de percer enfin le mystère. Dans mes mains, gisant avec tristesse, je serre mon *orpheline*... c'est comme ça que j'appelle *la-chaussette-qui-reste-mollement-seule-dans-la-corbeille-à-linge-alors-que-toutes-les autres-ont-trouvé-leur-paire-que les-paniers-à linge-sont-vides-tout-comme-la-machine-à laver-d'ailleurs*!!! Non, je ne m'énerve pas, je constate. Il y a forcément une explication au mystère de la chaussette seule, celle qui finit dans un coin du tiroir à attendre d'être "remise sur pieds" (très drôle..!).

Il était une fois… oui, comme toutes les histoires… il était une fois un royaume. Dans ce royaume, vivaient des gens doux, aimables, gentils mais… vides. 

Il y avait un vide dans leur cœur, un vide tellement grand que parfois, ça faisait courant d’air! Ils avaient essayé de le remplir avec tant de choses déjà… mais rien n’y faisait. C’était comme si rien n’avait la forme de leur vide, si rien ne pouvait tenir le froid dehors.

Alors, tout le royaume attendait… il attendait quelque chose, mais il ne savait pas quoi. Il attendait comme un immense soupir qui ne soulage pas, comme un quai de gare trop long, comme quand l’heure dépasse le rendez-vous espéré et laisse seul…

Aujourd'hui, c'est décidé, je vais empoigner mon balai à vieilles résolutions poussiéreuses, mon anti-ronchonneries en spray répulsif... Je vais choisir mon plus beau sourire dans la palette des *fards pour faire semblant*. Et puis, tant pis si c'est pas du tout brillant depuis la base, une couche de vernis sur tout ça et je devrais pouvoir donner le change, afficher le visage de la chrétienne épanouie, rayonnante, toujours remplie de la force du Seigneur!
Oui, *il suffit de, y a qu'à* , après tout.
Je commence par une lecture assidue de Proverbes 31 ( les versets 10 à 31, ceux sur la *femme de valeur*, envie d'y croire...!). Puis je prie, je soigne les mots, n'oublie pas de demander pardon et de remercier avant de présenter mes requêtes. Je ferme fort les yeux pour que mes pensées restent comme aimantées sous mes paupières... Si fermés que je sens soudain le sommeil me gagner à nouveau... Mais, non, je reste concentrée comme on monte sur un cheval fougueux, comme on met son heaume avant de s'élancer sur le champs de bataille! Je redouble, je galope, je brandis, je cuirasse et j'épée! En réalité... je suis encore dans le doux de mes draps... mais l'intention y est!

Ce matin, comme un peu trop souvent, je prends la voiture d'un geste machinal.... Tourner la clef et vérifier les niveaux (ça c'est pour la frime que je l'écris... En fait, j'attends souvent de voir le témoin lumineux m'indiquer que là, quand même, il serait temps de remplir le réservoir!) avant de démarrer pour de bon.

Je l'avoue, on ne peut pas dire que je sois un modèle de concentration sur la route... Pas que je me remette du rouge à lèvres dans le rétroviseur en consultant mes SMS, non, on ne peut dire ça quand même (si? Non!). Mais je n'ai pas besoin de grand chose pour que ma tête, qui est tout de même le nid privilégié du cerveau paraît-il, se mette à prendre de tout autres routes que celles de mes pneus! J'ai beau essayer, rien n'y fait, je vagabonde constamment... En plus, je n'ai pas été équipée d'un GPS à la naissance, alors forcément, les itinéraires prennent des tracés souvent... déroutants!