Vendredi… déjà vendredi! C’est fou comme quand les microbes prennent leur quartier dans mes 1mètre70 de terrain de jeu, ça devient vite un terrain vague, mais alors très vague, surtout au niveau du cerveau! Tout ça pour dire que cette semaine-là, ces petites bestioles avaient élu domicile chez moi et que je me traînais, telle une limace molle juste bonne à préparer une feuille de salade pour le retour affamé du reste de sa maisonnée. Bref! Cela faisait une semaine que j’avais prévu d’écrire une carte (vous savez le truc en papier sur lequel on écrit avec de l’encre) à une amie de mon église pour son anniversaire. En fait, pour tout vous dire, je comptais même la bricoler moi-même… oh, le bel idéal. 

Les pièces sont éparpillées sur la table… 1000 au total ! Des teintes de bleu, de rouge, d’orange. Parfois traversées d’une ligne, d’une trace. Parfois parfaitement unies. Claires ou sombres, alternées de creux et de bosses… les 1000 mystères d’un puzzle à 1000 pièces découvert par petits groupes dans les pochettes soigneusement cousues par la marraine de notre fils pour le temps de l’Avent .

Mystère, parce que la boîte est encore chez elle et que nous n’avons pas la moindre idée de l’image qu’elles formeront ensemble ! Mystère et fascination, devinette et découverte… nous nous sommes lancé le défi de le faire ensemble sans en connaître le tableau final. Alors on imagine…

Il reporta méticuleusement les derniers montants encaissés et referma son livre de comptes. L'année avait encore été bonne, très bonne. *Je suis riche*, pensa-t-il en songeant à tout ce qu'il avait amassé, thésaurisé dans ses coffres blindés. Il pourrait bientôt se retirer des affaires, se reposer, profiter de sa bonne fortune, penser enfin à lui, rien qu'à lui…

L'espace d'un instant, d'un court instant, il vit défiler sur son écran intérieur les visages de ceux qui l'avaient rendu prospère, surtout de ceux qui avaient trimé, qui s'étaient privés, qui avaient peiné, souffert, pour s'acquitter jusqu'au dernier centime des sommes déraisonnables qu'il exigeait d'eux, lui, le *Receveur*, le seul autorisé à déterminer le taux et le mode de paiement de l'impôt.

Tout a commencé un matin frileux alors que je frappais chez ma voisine toute fraîche nonagénaire pour lui offrir de faire quelques courses. C’est qu’elle m’avait fait comprendre la semaine précédente que cette tâche lui devenait difficile… Non merci, me dit-elle alors, elle est allée en ville hier et son fils se chargerait du plus lourd quand il viendrait la voir en fin de semaine. 

Puis, toujours sur le pas de la porte (j’aurais dû mettre une plus grosse écharpe, c’est qu’il fait froid ce matin…), elle me conte sa bouillotte trop petite pour bien réchauffer son lit le soir avant qu’elle aille se coucher. *Vous savez, me dit-elle, je cherche depuis un moment une de ces bouillottes en métal comme ça se faisait dans le temps. J’en ai bien une, mais elle n’est pas assez grande. Il m’en faudrait une plus grande. C’est que ces bouillottes en caoutchouc qui se font maintenant, c’est de la camelotte, ça ne réchauffe pas longtemps. Attendez, je vais vous montrer celle que j’ai.*

Je jouais paisiblement ma mélodie de vie, violon dansant de l’archet sur les partitions des jours, laissant mes cordes vibrer en duo près d’un autre cœur ou près d’une autre âme pour consoler d’un accord doux, pour envelopper d’une prière, pour embrasser d’un sourire. 

Je n’ai jamais été virtuose, oh, ça non… mais les allegri des quatre saisons avaient déjà joué bien des fois leurs vents et leurs soleils, laissant sur mon bois ces petites lignes qui dessinent les silhouettes du temps qui passe. Et puis suivant les modes, je m’habillais en majeur ou mineur, au fil laineux de mes humeurs.