*Ce qui barre la route fait faire du chemin* Jean de La Bruyère

L’homme serrait la précieuse clef dans ses mains. C’était maintenant officiel, il était bel et bien l’héritier. Son héritage ? Il en avait juste entendu parler. Parti très jeune de la maison, il avait passé sa vie à l’étranger, son retour au pays était tout récent. 

Ses parents lui avaient souvent parlé du chalet, là-haut, tout là-haut dans un petit hameau au bout d’une route vertigineuse, étroite, sinueuse …

Parler de ce lieu semblait toujours animer leurs voix. Même au téléphone, même au bout du monde, il devinait avec tendresse le sourire qui illuminait leurs visages quand ils évoquaient *le chalet*.

Ce qu’il avait entendu avait dessiné dans son esprit une image à laquelle il tenait, avait éveillé des émotions qu’il avait un peu bêtement peur d’éteindre en regardant une photo. Ce lieu promis, il l’avait déjà dans son cœur, il en devinait les bruits, les odeurs, les beautés, il était déjà comme tourné vers là-bas et ses journées en étaient différentes, mélodiées du chant d’une joie à emporter, une joie qui avait fait son nid au fond de lui. 

*On doit être fait pour espérer, voulu comme ça, tellement ça paraît essentiel et  naturel* se dit-il les yeux tournés vers la montagne. 

L’arrière automne s’installait. Les premiers froids, le jour qui recule devant la nuit, les sommets qui se couvrent de blanc. Et les routes ? Les routes se fermaient pour l’hiver, les unes après les autres… L’homme se retrouva là devant la barrière fermée : accès interdit, danger, route non déneigée, barrages d’arbres tombés, *chutes* de rochers, murailles de neige, congères dressées par les vents glacés. En hiver, on ne monte pas au petit hameau. Impossible, c’est fermé. 

Pour y aller enfin, il faudra attendre, attendre que quelqu’un rouvre le chemin, affronte tous les dangers, s’occupe de tout ce qui encombre, obstrue la voie vers le lieu espéré…

L’accès fermé, la frustration de ne pouvoir profiter immédiatement de son plein droit de propriétaire, l’apprentissage du *pas encore* qui est attaché à chaque promesse, la jubilation du *déjà* quand il regarde sa clef, toutes ces couleurs colorient son cœur d’homme debout devant la barrière abaissée.

L’hiver, c’est le temps où l’espérance est encore saluée de loin, où tout le ressenti des profondeurs est encore entremêlé, où la raison hésite entre désir et renoncement parce qu’elle n’a pas encore compris que c’est l’un et l’autre et non l’un ou l’autre qui tissent vraiment l’histoire d’une vie, le long pèlerinage vers l’apaisement de chaque soif.

Oui, dans l’espace libéré par le *pas encore*, il y a place pour tracer un chemin choisi ou rechoisi et le choix est par essence empreint de désir et de renoncement *tout à la foi(!)*

L’homme patiente donc d’une patience habitée. Il ne voit pas encore, mais il sait qu’il va vers là-haut. Les semaines succèdent aux semaines, les mois aux mois … jusqu’à ce qu’il cueille de plus en plus souvent un rayon chaud de soleil, le sourire d’une perce-neige, le chant d’un oiseau, des signes qu’au bout des froids, la vie ne s’est jamais éteinte, qu’elle a été soigneusement veillée … en attendant.

Jour après jour, il revient devant la barrière qui barre encore l’accès. En apparence rien ne change. Sauf que matin et soir, il voit passer des équipes lourdement équipées qui s’en vont déblayer la route, la libérer des marques de l’hiver, prendre soin de ses balafres. Depuis en bas, on entend le bruit des machines, la plainte des tronçonneuses, le cri des chaines qui griffent le sol. Un travail énorme… il s’agit non seulement de débarrasser la route de ce qui l’encombre, mais aussi de sécuriser le passage en prévenant tous les dangers potentiels …

Ce matin-là, comme chaque jour, l’homme est là, debout au carrefour. Il lève les yeux vers les montagnes. Au bout d’un moment de dialogue avec son espérance, il voit arriver la silhouette familière de la camionnette orange. Il la regarde s’arrêter près de lui… un homme en descend et débarrasse la barrière du lourd cadenas qui la maintient baissée. *C’est tout bon* dit-il simplement en ouvrant largement l’accès …

 

L’homme en a les larmes aux yeux. Le chemin vers son héritage l’invite, il va enfin découvrir ce qu’il possédait déjà, il va enfin rencontrer ce qui est attaché à son nom. 

Peut-être pour mieux respirer le ciel, il choisit de rejoindre le hameau à pied, avec juste ce qu’il faut dans son sac de montagnard…

En chemin il s’attarde souvent sur les marques que l’hiver a laissées, les blessures de la route, le prix payé pour que revive ce chemin vers l’espérance certaine. 

 

Un pas de plus: invitation à rencontrer la Parole de Dieu

Le chemin vers l’arbre de la vie

Le chemin ouvert vers notre Dieu

Genèse 3.23 à 3.24

Alors le SEIGNEUR Dieu chasse l'homme du jardin d'Éden et il l'envoie cultiver la terre qui a servi à le faire. 

Après que le SEIGNEUR a chassé l'homme, il place des chérubins à l'est du jardin d'Éden. Avec une épée de feu qui tourne dans tous les sens, les chérubins gardent l'entrée du chemin qui conduit à l'arbre de la vie.  

Apocalypse 22.12 à 22.14

Jésus dit : *Écoute, je viens bientôt. J'apporte avec moi ma récompense. Je vais la donner à chacun selon ce qu'il a fait. 

Je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.* 

Ils sont heureux, ceux qui lavent leurs vêtements. Ainsi, ils auront le droit de manger le fruit de l'arbre qui donne la vie, ils auront le droit d'entrer dans la ville par les portes.

Hébreux 10.19 à 10.24

Frères et sœurs chrétiens, nous sommes sûrs de pouvoir entrer librement dans le lieu très saint parce que Jésus a répandu son sang. 

Il a ouvert pour nous un chemin nouveau et vivant à travers le rideau du temple, c'est-à-dire à travers son corps humain. 

Et nous avons un grand-prêtre placé à la tête de la maison de Dieu. 

Notre cœur est nettoyé de tout ce qui le rend coupable, et notre corps a été lavé dans une eau pure. Alors approchons-nous de Dieu avec un cœur sincère et en croyant avec assurance. Affirmons ce que nous espérons sans nous décourager. Oui, Dieu a fait des promesses et il est fidèle. Prenons soin les uns des autres pour nous encourager à aimer et à faire le bien.