Les premières lueurs de l’aube l’accueillirent au moment où il arrivait à la petite chapelle. Chaque fois qu’il montait rejoindre son troupeau à l’alpage, le berger se faisait le cadeau de passer par là, de s’arrêter là, de laisser le premier souffle du jour nouveau le rejoindre et habiter sa propre respiration… Il prit le temps de lire le paysage que les premiers rayons lui révélaient... miracle éternel de la lumière qui fait entrer les images jusqu'au fond de soi ...

Puis, avec le pas retenu qui disait son émotion et son respect immense, il entra dans la chapelle. Quatre bancs d'un bois rugueux, un lutrin ancestral, une table sur laquelle on avait ouvert Le Livre, la Parole de Dieu. La lumière de l'aube s'invitait jusque là au centre en traversant trois modestes vitraux...

Là, au coeur du choeur, il a su et senti qu'il s'ouvrait à nouveau, très profondément devant la beauté et le message sublime de ce lieu dépouillé. La Parole, la lumière, le souffle de l'aube ... et lui, le berger, emmené en rencontre essentielle.

Il n'était berger occasionnel que depuis sa retraite. Avant, il était ... pasteur! Une vie qu'il avait aimée, riche de rencontres magnifiques, de partages denses, une vie à apprendre aussi à s'approcher de la souffrance de son prochain pour la traverser avec lui, à son pas, avec parfois les mains bien vides, la foi bien petite, juste l'espérance tournée vers un Dieu qui aime sans se lasser, malgré tout...

Il avait tant aimé aussi ses heures d'étude de la Parole de Dieu, le travail patient de l'exégète, les recherches, la jubilation d'une découverte, d'un texte qui s'ouvre et qui trouve un chemin vers soi-même ou vers un autre... le pain de ce jour donné, le mot vivifié par l'Esprit Saint ...

C'est pourtant ici, dans la petite chapelle, qu'il avait découvert un nouveau paysage dans ses rencontres avec son Dieu. Recevoir le cadeau de vivre le sens premier du mot retraite à l'heure de sa retraite. 

Chaque fois qu'il venait là, il choisissait un texte dans la Bible ouverte, il le lisait, debout et à haute voix, le proclamait dans le silence de l'aube et la Présence de Dieu, puis il s'appliquait à le désapprendre de tout ce qu'il avait l'impression de savoir déjà à son sujet ... des souvenirs d'école du dimanche, de catéchisme, d’études, des détails qui n'étaient pas dans le texte et qu'il avait inconsciemment ajoutés, ou ceux qu'il avait gommés et qui étaient vraiment dans le texte, les *interprétations* un peu forcées ici ou là pour justifier un avis, une posture théologique, défendre une tradition, un système, un comportement, un choix éthique ou politique, pour convaincre, suivre une mode ...

Débarrasser la lumière de la Parole des *abat-jours*, des filtres des commentaires devenus trop souvent des *comment taire* ...

C'est dans cette étape de méditation déconstruite qu'il avait un peu mieux réalisé la force, la puissance, la précision, la diversité, l'actualité, la cohérence unique du verbe de Dieu, ses ruissellements nouveaux et possibles vers son coeur, vers sa foi... c'est dans ces moments eux aussi très simples et dépouillés qu'il avait pu *libérer* la Parole et lui ouvrir plus largement son maintenant et ses horizons.

Après avoir parcouru en long et en large chaque sentier du texte, il prenait toujours soin de reconfier ses découvertes à *Celui qui a parlé*, de les lui soumettre humblement, de les proclamer simplement à leur juste place quand elles sont au-dessous de la Vérité éternelle et infaillible de la révélation de Dieu.

Il n'avait pas du tout, jamais, le sentiment d'avoir enfin atteint l'étage supérieur de la vie chrétienne, de *savoir* ... il était même étonné que tout ça se passe si sobrement, qu'il n'éprouve aucun besoin de convaincre les autres de faire comme lui ... il vivait juste la joie de s'être laissé ouvrir plus largement, de s'être autorisé ça... comme un *juste pour lui* que le Père signait de sa main, comme un chemin ouvert vers *la véritable chapelle d’un texte biblique*, le lieu du battement de sa Vie ...

Il ressortit de ce lieu de retraite et reprit le chemin des pâturages avec un reflet d’éternité dans le regard …

Un pas de plus: invitation à rencontrer la Parole de Dieu 

2 Rois 22.3 à 11 et 23.4: Le grand-prêtre découvre le livre de la loi

La dix-huitième année où Josias est roi, il envoie un jour le secrétaire Chafan, fils d'Assalia et petit-fils de Mechoullam, au temple du SEIGNEUR.Il lui dit : 

  • Va voir le grand-prêtre Hilquia. Demande-lui de compter l'argent que les gens ont donné pour le temple et celui que les gardiens de l'entrée ont recueilli du peuple. Puis on remettra cet argent aux chefs des travaux chargés de réparer le temple. Ils pourront alors payer les charpentiers, les maçons et les autres ouvriers. Ils achèteront aussi le bois et les pierres taillées nécessaires aux réparations. Mais personne ne leur demandera de comptes au sujet de cet argent, parce qu'ils agissent honnêtement.

Alors le grand-prêtre Hilquia dit au secrétaire Chafan :

  • J’ai trouvé le livre de la loi dans le temple du SEIGNEUR. 

Et il le donne à Chafan, qui le lit.

Ensuite, Chafan va faire son rapport au roi. Il lui dit :

  • Nous avons vidé la caisse du temple et nous avons remis l'argent aux chefs des travaux chargés des réparations.

Puis il ajoute : 

  • Le grand-prêtre Hilquia m'a donné ce livre. 

Et il le lit en présence du roi. Josias fait consulter la prophétesse Houlda

Quand le roi entend les paroles du livre de la loi, il déchire ses vêtements car il est bouleversé. (…)

Le roi donne cet ordre au grand-prêtre Hilquia, aux prêtres qui l'aident et à ceux qui gardent l'entrée du temple : 

  • Faites sortir du temple tous les objets fabriqués pour adorer Baal, Achéra et les astres du ciel. 

 Le roi les fait brûler en dehors de Jérusalem, dans la vallée du Cédron, et la cendre est transportée à Béthel.

 Collection *un reflet dans le regard* 2018-2019