Ce matin, comme un peu trop souvent, je prends la voiture d'un geste machinal.... Tourner la clef et vérifier les niveaux (ça c'est pour la frime que je l'écris... En fait, j'attends souvent de voir le témoin lumineux m'indiquer que là, quand même, il serait temps de remplir le réservoir!) avant de démarrer pour de bon.

Je l'avoue, on ne peut pas dire que je sois un modèle de concentration sur la route... Pas que je me remette du rouge à lèvres dans le rétroviseur en consultant mes SMS, non, on ne peut dire ça quand même (si? Non!). Mais je n'ai pas besoin de grand chose pour que ma tête, qui est tout de même le nid privilégié du cerveau paraît-il, se mette à prendre de tout autres routes que celles de mes pneus! J'ai beau essayer, rien n'y fait, je vagabonde constamment... En plus, je n'ai pas été équipée d'un GPS à la naissance, alors forcément, les itinéraires prennent des tracés souvent... déroutants!

Le plus compliqué pour moi est de rester hyper concentrée quand la voiture semble ronronner d'un *facile, je connais la route par coeur*. C'est là que j'ose les plus grandes échappées, que je chausse mes bottes de sept lieues pour suivre des panneaux de nuages dans des routes arc-en-ciel... (Enfin, là ça fait un peu kitch, mais c'est pas loin quand même!).

Et là, vlan boum... alors que la route semble toute tracée entre le point où je me trouve et celui où je veux aller, je m'engage dans un rond-point qui semble avoir été victime d'un séisme anticyclonique frontal mais de biais! Je ne sais pas pourquoi, mais à peine engagée, je ne reconnais plus rien... (on ne rit pas, un peu de compassion tout de même!). Tiens, même le bon sens semble avoir perdu le nord!! On dirait que le carrefour a pris une beigne dans son trottoir et qu'il est resté en vrac, qu'on n'a pas pris le temps de le soigner avant de l'exposer au passage des passants... et puis, je l'avoue, ça me contrarie parce que j'ai déjà mordu la ligne d'arrêt, freiné sec et je suis toute déstabilisée par ce carrefour modifié, alors que moi je voulais juste faire ma route tranquille, à bord de ma navette à voiles...

Je savais où j'allais et comment y aller et ça, pour moi, ce n'était pas moins qu'une victoire!

C'est le coeur battant que je me lance, un peu à l'aveugle (ce qui n'est pas rassurant pour tous les autres automobilistes, je le conçois pleinement!). Je me laisse emporter dans le virage aux courbes étranges et me retrouve de l'autre côté, engagée sur le chemin que je connais dans un souffle suspendu et un *ouf!* d'aise...

Je continue ma route, rassurée, parce qu'elle est comme j'en ai l'habitude, parce que rien n'a changé, parce que ma voiture ronronne à nouveau de son *facile, je connais la route par coeur*!

Alors ma navette met ses voiles à nouveau et je me mets en mode *pilote automatique* (c'est pas très seyant, mais plutôt confortable!)... Une voix se fait alors entendre, là, entre ma terre et le Ciel. Je la reconnais, c'est une voix que j'aime, c'est la voix de mon Dieu... *Et dans ta vie? Comment prends-tu la route le matin? Es-tu prête à ce que je modifie les carrefours sur ton tracé, parce qu'il est le dessin de ma main pour le plan de ton chemin?*...

Prendre la route de mes jours en confiant le tracé à Sa main... parce que *Le cœur de l’homme médite sa voie, mais c’est l’Éternel qui dirige ses pas.* (Proverbes 16:9)...

Je me sens greffée d'un nouveau GPS... Pas sûr qu'il n'emprunte pas les détours du Ciel pour m'emmener à destination. Et ça, ça me va!